vendredi 25 novembre 2016

Journée internationale des aides-soignants

Demain c'est la journée internationale des aides-soignants. Évidemment, je ne voulais pas rater cette occasion. J'étais motivée. Si si, je vous assure, super motivée. Motivée pour écrire un billet qui raconterait toutes ces petites choses qui font que je fais un chouette métier. Et je m'étais même dit, naïve que je suis, que si je demandais à des pairs, il y aurait sans doute des anecdotes sympathiques à partager.
Alors, plus motivée que jamais, j'ai posté un court message dans un groupe de "blouses blanches", sur un célèbre réseau social. Message que voici :


Le groupe compte plus de 50 000 membres, je me disais qu'il y aurait peut-être une dizaine de réponses. Ou plus.
Sauf que...

Rien. Nada. Zéro.
Okay. Pas grave. Je vais l'écrire toute seule mon billet.

Mais, alors que je réfléchissais à la façon d'écrire quelque chose de joli qui ne serait pas trop mielleux, ni mièvre, ni gnangnan, je me suis souvenue de cette pétition qui traînait sur le net depuis des années : "Pour une reconnaissance du métier d'aide soignant" (pétition que je n'ai pas signée, mais là n'est pas le sujet)
Dans cette pétition, on trouve ce passage :



Okay okay. Donc les aides-soignants souffrent d'un manque de reconnaissance. Ils voudraient que leur travail soit valorisé et qu'on prenne conscience de leur rôle.
Dans cette même pétition, l'auteur parle également des ASH accédant au diplôme par la VAE, et ce n'est pas pour dire du bien de ce système.


À ce jour, la pétition compte un peu plus de 20 000 signatures (pas la mienne donc, parce que je ne pense pas qu'on sorte grandi à rabaisser les autres). Elle est diffusée via les réseaux sociaux et certains sites spécialisés. Donc 20 000 personnes signent pour faire parler du métier d'aide-soignant... mais pas une ne veut en parler. Bon.

Et du coup, je repense à la grève des infirmiers qui a eu lieu le 8 novembre. Seize organisations avaient appelé à rejoindre le mouvement. Parmi elles, des syndicats d'infirmiers salariés, des syndicats de libéraux, des organisations professionnelles IADE, la FNESI, et une association d'infirmiers libéraux. Mais rien qui représente les aides-soignants. Forcément, sur les groupes de "blouses blanches" du réseau social, ça a tiqué. Pourquoi les aides-soignants sont-ils absents du débat? Pourquoi n'entend-on pas leurs revendications? Pourquoi sont-ils à ce point ignorés?

Et là, je repense à un autre message que j'avais fait passer un mois auparavant sur le groupe de plus de 50 000 membres du célèbre réseau social dont je parle plus haut (vous suivez?) (oui, je pense à plein de choses en même temps, pour moi aussi c'est fatigant vous savez).
Message que voici :


Parmi les quelques réponses reçues (une vingtaine), en voici quelques unes :






Okay okay okay. Méfions-nous des vilains journalistes à la solde des méchants patrons. Gardons notre rancoeur pour nous et exprimons-nous entre nous, dans un groupe fermé, c'est plus sûr! À la limite, signons une pétition pour revendiquer notre statut, parce que quand même, on vaut mieux que ça!

Ben vous savez quoi? Faut pas vous étonner hein! On vous donne la parole, vous ne la prenez pas. On vous propose de valoriser votre métier, vous ne le faites pas. On vous offre une tribune, vous vous en méfiez.
Demain, c'est donc la journée internationale des aides-soignants. Peut-être parlera-t-on de la pénibilité de notre travail. Peut-être parlera-t-on aussi de cette aide-soignante de nuit qui vient d'être assassinée dans un EHPAD.  Peut-être les sujets ne feront-ils que quelques minutes au journal télé du soir. Peut-être. Peut-être serons-nous déçus du peu de visibilité que nous avons.

Mais au fond, à qui la faute? Quand les infirmiers sont dans la rue, qui nous empêche de nous joindre officiellement au mouvement? Quand on nous donne la parole, qui nous empêche de la prendre? Quand on a une fédération nationale, qui nous empêche d'y adhérer? (Pour info, elle est là : FNAAS)

Et si nous nous montrions? Et si nous parlions de nous et de notre métier? Et si nous arrêtions de nous comparer aux infirmiers et aux ASH?

Et si nous avions une véritable identité, revendiquée et assumée?





4 commentaires:

  1. Merci pour ces mots qui montrent ces maux. Actuellement avs et en passe de devenir as..et ça fait si longtemps que j'essaie à mon niveau de faire bouger les mentalités.
    De l'espoir cependant! Quelques vaguelettes à la surface ...

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  2. "le groupe des blouses blanches" LOL,il y a de tout et du n'importe qui sur ce groupe.Quelle idée ? J'ai lu pas mal de témoignages sur le site aidesoignant.com .Il y a plein d'AS qui mettent des commentaires sur ma page.Je trie des centaines de messages d'AS qui me demandent en toute discrétion d'anonymiser leurs questions professionnelle.Je ne vois pas le problème dès que l'on s'est présenter les conditions de cet exercice.Par contre,j'ai vraiment une base de membres à 70% Aide Soignante sur mes 50000 membres.Je suis un membre du FNAAS et je trouve qu'ils font des actions géniales mais que leur politique de communication n'est pas assez agressive comme les fédérations IDE.Tant que le statut des AS reste un peu bancale et uniquement reconnu dans l'ombre des IDE cela reste difficile aux AS d'adhérer parce qu'elles pensent toujours être IDE dans la deuxième partie de leur carrière.Surtout les jeunes qui atterrissent dans la profession parce qu'ils ne savaient pas quoi faire et qui avaient râté le concours IDE.Souvent se sont les plus méprisants envers la profession.Même si beaucoup aiment leur boulot,il y a une forme de désengagement pour toutes les raisons que l'on connait et que je ne vais pas encore énumérer.Surtout,on ne peut pas demander un travail de rédaction à des personnes qui n'aiment ni lire ni écrire.Il faut constater que la profession est entachée de ses personnes qui sont manuelles avant tout.On ne peut pas leur reprocher cet état de fait.Ils vivent leur quotidien avec aisance et simplicité.Parfois,j'aimerais faire partie de ces personnes mais je ne pouvais pas me taire et j'ai créé un outils pour communiquer et essayé de toucher ses personnes.Quand tu dis qu'il n'y avait pas d'AS à la manif du 8 novembre,ce n'est pas ce que j'ai noté.Presque tout les journaux et les journalistes ont bien marqué "Infirmière et Aide Soignante" .Que se soit le 20minutes,le journal de France 2 ,TF1 et les radios.Le message est passé.Je comprends que tu souhaites allé plus loin mais pour l'instant ce qui devait être fait à été bien fait.Si le FNAAS et la représentante des AS au CNI qui est Isabelle Brun se bouge avant la fin du mandat,on pourrait avoir des garanties.Le temps est compté et il faut profiter des présidentielles pour en prendre le maximum.Par contre,je suis contre les actes en plus avec des risques d'AES.Je suis pour le statut libéral et la catégorie B de la profession.J'espère que la profession AS soit un peu plus valorisée et que les rémunérations évolues.Les salaires dans le privé sont inadmissibles pour la technicité des soins apportés par les AS au quotidien.

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  3. Et bien moi je suis d'accord avec l'article ,beaucoup de posts laissés sur les différentes pages AS dédiées sur internet,beaucoup de témoignages de soignants en souffrance et pourtant ,dans les médias ... rien ! c'est un constat que j'ai pu faire dans mon travail.Les soignants se plaignent ,(à juste titre)mais cela reste plus ou moins "confidentiel" ,en effet je n'ai jamais vu une mobilisation chez les AS semblable à celle des IDE.C'est un fait ,nous n’avancerons jamais sans une réelle et forte implication (médias ,manifestations,tribunes ...)des AS comme celle des IDE.

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  4. Je quitte le métier, trop déçue,...mon parcours est le suivant : axiliaire de vie sociale DIPLOMEE, j'a,i au bout de 8 ans, passé (en cursus partiel) le diplôme d'aide soignant que j'ai obtenu. Ce qui me choque c'est que l'on nous apprend l'ergonomie, l'hygiène, avec des MSP etc....10 mois de formation (cursus complet) d'où l'on sort diplômé. Dans le milieu du travail qui pour la majorité se trouve en gériatrie MEDICALISEE , nous nous retrouvons avec des AGENTS faisant fonction d'aide soignant avec noté sur leur blouse noté "auxiliaire de soins" ou "aide soignant" dans la fonction publique. POURQUOI donner si peu de valeur à notre fonction ? Puis je prendre le statut D'INFIRMIÈRE sur ma blouse ? Ais je le droit ? Lorsqu'une personne a une stomie, Lorsqu'il y a une épidémie de gastro, lorsqu'une personne a une BMR , lorsqu'une personne est sous O2 etc....celles et ceux qui font fonction As ont elles les compétences en matière d'hygiène, de précautions etc...NON . Cela veut dire que notre diplôme ne vaut rien car tout le monde peut le faire ! La seule chose qui est différenciée est notée sur la fiche de salaire car là les agents sont notés agent et pays en tant que tel. Les as sont UN PEU je dis bien UN PEU PLUS PAYES. Tout est une question budgétaire, economique, l' ARS se fout de nous car tout est au détriment des personnes soignées. Les aides soignants sont méprisés, non reconnus .

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