mardi 19 juillet 2016

Silence, on meurt!

Le 13 juin, un infirmier de 55 ans s'est suicidé dans son bureau de l'hôpital de Rangueil.
Le 24 juin, une infirmière du groupe hospitalier du Havre a mis fin à ses jours, laissant à son mari une lettre parlant de conditions de travail en dégradation constante.
À propos de ces deux drames, pas un mot de Marisol Touraine.

Le 14 juillet, à Nice, un homme tue 84 personnes au volant d'un camion.
Le 15 juillet, Marisol Touraine tweete ceci :


Alors... comment dire? Madame Touraine, il y a des milliers, pardon, des dizaines de milliers de "professionnels des hôpitaux" qui s'engagent quotidiennement auprès de leurs patients.

Il y a Marc, aide-soignant de nuit en gériatrie, qui fait le pitre pour tenter d'arracher un sourire à cette femme âgée et désorientée qui pleure de n'être pas chez elle.
Il y a Valérie, infirmière en gastroentérologie, qui essaie de réconforter cette jeune femme dont le père va mourir.
Il y a Sébastien, aide-soignant en oncologie, qui part à la recherche d'une crème à la vanille dans les services voisins pour cet homme qui ne peut rien avaler d'autre.
Il y a Sophie, auxiliaire de puériculture, qui rassure du mieux qu'elle le peut cette jeune mère angoissée.
Il y a Jean, agent hospitalier en médecine polyvalente, qui chantonne doucement en passant dans la chambre de ce très vieux monsieur en fin de vie.
Il y a  Hélène, infirmière en psychiatrie, qui essaie de communiquer avec ce petit garçon autiste.
Il y a Solange, aide-soignante en pédiatrie, qui écoute longuement ces jeunes parents inquiets.

Il y en a tant d'autres...
Tant de "professionnels des hôpitaux" dont l'engagement est exceptionnel.
Tant de "professionnels des hôpitaux" qui font comme ils peuvent avec les moyens du bord.
Tant de "professionnels des hôpitaux" méprisés et fatigués de l'être.

Faut-il que nous soyons des héros pour mériter de trouver grâce à vos yeux?
Faut-il des vitres brisées dans un hôpital pour enfants et "un engagement exceptionnel dans une nouvelle épreuve" pour avoir l'honneur d'être entendus?

Finalement, nous faut-il remercier les casseurs et les terroristes qui, par leurs actions odieuses et meurtrières, nous permettent d'attirer votre bienveillante attention au moins une fois de temps en temps?





1 commentaire:

  1. Je vous lis et les larmes de tristesse ET DE REVOLTE m'envahissent. Comme je vous comprends. Je ne peux que vous souhaiter d'avoir le courage de continuer ... Jacqueline (veilleuse en maison de soins /15 ans)

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